De 5 à 7 ans, environ 10% des enfants font pipi au lit. Même si ce problème est courant, ce n’est pas une raison pour l’ignorer et attendre qu’il se règle de lui-même. Car pendant ce temps, l’enfant peut réellement être en souffrance.

 

« Quand un enfant se met à faire pipi au lit alors qu’avant il savait maîtriser ses sphincters, il suffit de chercher l’événement qui a déclenché son énurésie pour trouver comment l’aider », explique Stéphane Clerget dans Les pipis font de la résistance (Albin Michel, 2006). Mais des causes psychologiques peuvent aussi se cacher derrière une énurésie primaire. Et sont, alors, plus difficiles à identifier, précise le pédopsychiatre.

Ainsi, faire pipi au lit peut exprimer le désir de rester bébé, la peur de grandir. Chez les garçons, il peut être une manière de se protéger de ses désirs inconscients, et notamment sexuels, en maintenant le zizi à l’état de celui de bébé – un zizi faisant pipi… et rien d’autre. Autre cas de figure : un apprentissage du pot trop stricte. Faire pipi la nuit est alors un moyen pour l’enfant de prouver que son corps et bel et bien sa propriété. Un enfant modèle, très – trop – sage, peut aussi se « lâcher » la nuit en mouillant ses draps.

 

Aller régulièrement aux toilettes durant la journée, être attentif aux signaux qu’envoie la vessie, ne pas se retenir, ne pas trop boire avant le coucher, laisser une veilleuse afin que l’enfant puisse facilement aller seul aux toilettes. Ces simples règles hygiéniques et éducatives permettent, dans un cas sur 5, de guérir de l’énurésie.

Si l’énurésie perdure et fait souffrir l’enfant, un traitement pourra être envisagé. Différentes solutions sont aujourd’hui disponibles, et choisies par le médecin en fonction de chaque enfant.

Si les causes de l’énurésie sont psychologiques (choc affectif, mal-être généralisé), l’aide d’un pédopsychiatre ou d’un psychologue est nécessaire. En parlant avec l’enfant, en présence ou non des parents, le thérapeute va chercher l’origine de l’énurésie, mais aussi s’intéresser à la personnalité de l’enfant, à ses relations avec les autres, à ses antécédents familiaux. Des jeux, des dessins sont parfois utilisés pour aider l’enfant à mettre des mots sur ce qu’il ressent. Ce travail de fond s’accompagne également de conseils et d’exercices pratiques, pour que l’enfant soit réellement impliqué dans son traitement.

 

Partir en colonie de vacances, aller dormir chez des amis… autant de petites joies de l’enfance qui, pour l’enfant énurétique, s’avèrent problématiques. Et quand le problème s’éternise, c’est l’image de soi qui est mise à mal, perturbant les apprentissages et le quotidien de l’enfant. Aussi est-il essentiel de le rassurer, d’éviter de le culpabiliser ou de l’humilier. Il ne fait pas exprès de faire pipi au lit ; rien ne sert donc de le punir. Il faut au contraire lui donner envie de grandir, l’encourager à gagner en autonomie, lui redonner confiance en lui accordant un peu plus de liberté. Mais aussi, lui parler de sexualité si vous sentez que c’est un thème qui le tracasse ; le laisser exprimer son agressivité s’il en a besoin ; lui proposer des activités qu’il aime.

 

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