Dans la terminologie de santé publique, l’infanticide est défini comme l’homicide au cours de la première année de la vie. L’homicide perpétré sur un enfant dans les 24 premières heures de son existence est, lui, dénommé « néonaticide ».

Comment un événement tel que l’homicide d’un bébé peut-il survenir ? Par la conjonction d’au moins trois types de facteurs : certaines caractéristiques de l’enfant victime, celles des auteurs, ainsi que des défaillances des services qui ont en charge le bien-être et le développement des très jeunes enfants.

◊ Que savons-nous des petites victimes ?


• Les enfants touchés sont très jeunes (la maltraitance débute alors qu’ils n’ont que quelques semaines) ;

• l’infanticide est bien souvent l’aboutissement d’une longue maltraitance chronique ;

• ils sont souvent d’anciens prématurés (parfois des jumeaux), souvent hospitalisés à la naissance ;

• des frères et sœurs ont souvent été victimes du même type de mauvais traitements, parfois mortels.

◊ Que savons-nous des auteurs ?


• Ce sont presque toujours les parents ;

• très peu sont atteints d’authentiques maladies mentales graves ; en revanche, beaucoup ont eu eux-mêmes une enfance tragiquement marquée par la violence, l’humiliation ou les carences affectives ;

• ces parents ont des attentes irréalistes et un manque de compréhension des capacités d’un petit bébé ;

• toutes les classes sociales sont concernées, les facteurs psychoaffectifs primant sur les facteurs socioéconomiques.

 

Mais comment expliquer le passage à l’acte? Pour le Dr Benoît Gillain, chef du service Psychiatrie à la Clinique Saint-Pierre d’Ottignies,  » il y a toujours une part de mystère dans le passage à l’acte ». Plusieurs facteurs peuvent expliquer un infanticide comme la dépression, une croyance qui occulte le réel et l’isolement. Celui-ci peut se traduire par une exclusion de l’enfant de la part de son entourage familial. Le trouble du jugement est aussi un facteur qui peut pousser un parent à tuer son enfant.  » La personne meurtrière est dans une grande difficulté car elle est dans le faire et non dans le dire »   et par conséquent  » elle est dans l’incapacité d’expliquer son geste« , déclare le psychiatre.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’infanticide est perçu comme un acte généreux pour les parents auteurs de cet homicide. L’infanticide dit « salvateur » concerne les parents qui agissent pour le « bien » de leur progéniture, en danger dans le monde qui les entoure, selon eux. Dans ce cas, le meurtre est en général suivi d’un suicide. Se donner la mort est vu comme l’ultime solution pour échapper à un monde hostile. Comme ce fut le cas, chez nous, avec l’affaire Geneviève Lhermitte en 2007.
Certaines femmes  » ne sont pas capables de vivre un statut de mère, l’enfant n’existe pas et est considéré comme un corps étranger« , souligne le Dr Gillain. Un déni de grossesse peut avoir des conséquences dramatiques. La France en a été témoin en 2006 lors du triple infanticide de Véronique Courjault.
N’hésitez à contacter des professionnels en cas de besoin : médecin de famille, gynécologues, assistantes sociales et psychologues.
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