La scolarité des enfants tient aujourd’hui du parcours du combattant. Otages de l’angoisse de leurs parents, prisonniers de leurs injonctions de réussite, ils portent dès leur plus jeune âge un fardeau qui risque d’influer sur leur avenir.

Les parents vivent souvent les difficultés de leur enfant à l’école comme un drame personnel. Ils tremblent quand une mauvaise note tombe, exigent des enseignants « plaqués or », se pâment de fierté à l’annonce d’une mention au bac… Il est frappant de voir à quel point ils s’identifient aux échecs et aux succès de leurs enfants. Les parents d’élèves en classes prépas vivent le summum du stress. Ils s’érigent en coachs : « As-tu bien mangé ? As-tu pris tes vitamines  ? » Ils sont dans le nursing d’enfants qui sont de jeunes adultes postpubères.

L’école occupe une place centrale dans les familles. En psychologie, une consultation sur deux traite des difficultés scolaires. Dès qu’on touche à l’école, les parents ont peur. Qu’ils s’y intéressent est légitime, car le diplôme reste synonyme de sécurité de l’emploi. Mais n’exigeons pas de nos enfants qu’ils soient les copies conformes de nos désirs.

Les parents rejouent les rêves et les craintes de leur propre scolarité. Ils souhaitent à leur enfant de tomber sur l’enseignant qu’ils auraient aimé avoir. Et ils cherchent surtout à réparer leurs désillusions sur l’école par la transmission de ce qu’on appelle un « mandat de réussite ». « À toi, mon fils ou ma fille, de réussir les études que j’avais rêvées pour moi. » Ce phénomène traverse tous les milieux sociaux.

L’enfant, c’est notre avenir, notre continuité, celui qui nous survit lorsque l’on disparaît. Mais il faut accepter qu’il ne soit pas toujours en adéquation avec nos rêves. En cas de difficultés à l’école, ne lui montrons pas notre désarroi, car le stress freine l’apprentissage. Restons solides et trouvons des solutions avec ses enseignants.

Lorsque le mandat de réussite devient « Il faut que tu réussisses comme j’ai réussi », c’est terrible à porter. Lorsque les parents jugent les résultats de leur enfant comme médiocres ils le vive comme un outrage à leurs capacités personnelles. L’enfant va percevoir le discrédit dans la bouche de ses parents, et le mépris pour son travail. Faire peser son désir sur son enfant peut l’entraver, le tétaniser, endommager son estime de lui-même. Les parents doivent être les supporters inconditionnels de leur enfant. Surtout en cas de coup dur  ! Avec l’espoir que le succès sera au bout. Cette réserve d’espérance peut pousser un enfant à se dépasser.

N’hésitez pas à contacter des professionnels en cas de besoin. Des conférences et des groupes d’échange existent au sein de notre Centre:
Centre de psychologie Gilliotte, 22 rue Guillaume Tell, 90000 BELFORT, 07 87 06 56 05.